Les agronomes relevant des directions provinciales de l’agriculture (DPA) de Fès-Boulemane ont du pain sur la planche. Ils sont en train d’élaborer une déclinaison régionale du Plan Maroc Vert. Déclinaison qui s’appuie, en gros, sur un travail de terrain, d’analyse, de concertation avec les professionnels et d’identification des filières à promouvoir (oliviers, rosacées, céréales, câprier, viandes...).
En effet, l’agriculture est l’un des secteurs clés de la région. En témoigne l’importance de la Superficie agricole utile (SAU) estimée à 317.000 ha dont 44.700 ha irrigués, mais aussi le nombre d’agriculteurs estimés à quelque 48.758 personnes. Par ailleurs, les principales filières de productions sont les céréales avec 230.000 tonnes (3,8% de la production nationale (PN), les olives (9.200 tonnes), les rosacées (70.000 tonnes) et les câpres (20.000 tonnes, 50% de la PN). Ces chiffres découlent, en fait, de « l’état d’avancement de l’élaboration du plan agricole régional ». Une sorte de rapport que les responsables des DPA ont exposé, mercredi dernier, au ministre de l’Agriculture. Pour M’hammed Bensouda, directeur provincial de l’Agriculture à Fès et également coordinateur des DPA de la région, les orientations du plan agricole régional visent l’incitation de l’investissement pour développer les filières porteuses.
En fait, à l’instar de toutes les régions du Royaume, celle de Fès-Boulemane est caractérisée par la dominance des exploitations vivrières à vocation surtout céréalière (174.000 ha). Cependant, et compte tenu des données pédoclimatiques, il n’en demeure pas moins vrai que certaines zones se distinguent par des atouts propres et une agriculture diversifiée. Ainsi, au Saiss et du côté du prè-Rif, il y a une prédominance de l’olivier, des grandes cultures et du câprier. Le piémont du Moyen Atlas se distingue, quant à lui, par la pratique des rosacées.
Pour ce qui est des plateaux de Missour, l’activité agricole est dominée par un système agro-pastoral axé sur la production des viandes rouges ovine et caprine en extensif. Reste la zone spécialisée dans la pratique des cultures irriguées et le développement de l’élevage. Partant de ces considérations, la déclinaison du plan « Maroc Vert » au niveau de la région « sera axée sur le développement des espèces agricoles là où elles peuvent procurer une valeur ajoutée additionnelle certaine », explique Bensouda. Et d’ajouter que pour les céréales et les légumineuses alimentaires, en plus de l’encadrement des agriculteurs, un apport d’eau par une à deux irrigations d’appoint peut garantir une récolte régulière. D’où un projet d’irrigation des zones à haut potentiel céréalier est à prévoir. De même, pour les plantations fruitières (rosacées et oliviers), les efforts doivent être focalisés sur l’extension et l’amélioration de la qualité des produits. S’agissant des filières animales, une amélioration des productions des viandes (rouges et blanches) et du miel reste de mise. Pour le secteur agroalimentaire, les efforts doivent se focaliser sur l’amélioration des capacités de transformation, conditionnement et de conservation des fruits, légumes et viandes. Par ailleurs, les services de la DPA procèdent actuellement à une analyse de la situation des filières (potentialités, contraintes et problématiques). De cette analyse ils dégageront les éléments nécessaires (justificatifs techniques, économiques et sociaux) pour établir une matrice de comparaison pour le choix définitif des filières à développer. Dans une deuxième étape, ces équipes procèderont à des projections des filières selon des scénarii à long terme. Ensuite, un plan d’action par filière sera établi et débouchera sur le montage de projets réalistes et réalisables permettant de faire ressortir des gains palpables. En tout cas, l’agenda des DPA prévoit durant ce mois (à partir du 15 septembre) des réunions avec les partenaires et la profession de chaque filière pour débattre de la stratégie proposée par l’équipe technique. Les rencontres visent aussi la sensibilisation sur les déblocages financiers. A noter que la présentation définitive du plan agricole régional sera finalisée entre le 20 et le 30 septembre. Enfin, une large campagne médiatique suivra afin d’appliquer à la lettre la politique d’accompagnement qui a été mise en place visant la modernisation du secteur sous tous ses aspects.
Youness SAAD ALAMI
source : http://sefrou.org

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