Des chaussures de marche, un sac à dos, un couvre-chef, une bouteille d’eau. L’équipement est idéal pour découvrir une région propice à la balade, à la randonnée et aux belles rencontres. « Le week-end, explique Mohamed Aitdra, guide de montagne, les Marocains quittent Fès pour prendre la route des lacs et trouver un peu de fraîcheur aux abords du Dayet Aoua, le plus grand des lacs, le Dayet Ifrah, ou le Dayet Hachlat. Ils pique-niquent, ils se baladent, c’est un endroit qu’ils aiment beaucoup ». Loin du brouhaha des médinas, il suffit de s’arrêter pour marcher le long du lac en appréciant le calme des alentours.
Dans le parc naturel d’Ifrane, à quelques kilomètres de là, la balade au bord de la rivière est enchanteresse. D’une cascade à l’autre, l’ambiance est unique : des femmes lavent leur linge, des familles se baladent, des musiciens jouent du tambourin. « La région est propice à la pêche à la truite et à la chasse aux sangliers », précise Younès Sadki, le directeur général du prestigieux hôtel Michlifen d’Ifrane. L’établissement, qui appartient aux chemins de fer marocains (comme la Mamounia) offre des équipements presque surdimensionnés pour une si petite ville. Construite par les Français dans les années 1930, elle ressemble davantage à un coin de Suisse transplanté dans le Moyen Atlas qu’à une bourgade d’Afrique du Nord.
À quelques pas d’Ifrane, l’heure est à la randonnée au cœur de la plus grande cédraie de l’Atlas. Après avoir traversé des champs de culture et de coquelicot, une courte ascension permet de pénétrer de charmants sous-bois verdoyants, avant de déboucher sur des clairières où paissent des moutons sous l’œil parfois endormi de leurs bergers.
Il arrive que les singes magots, les seuls primates du Maroc, croisent le chemin des randonneurs. Une route qui traverse la forêt permet de s’arrêter et d’emprunter un sentier qui conduit à Ain Leuh, un joli village berbère 25 km au sud-ouest d’Azrou. Le mercredi, le grand souk hebdomadaire attire les villageois des alentours. Dans ce joyeux bric à brac, les habitants trouvent des légumes, des céréales, de l’huile d’olive, des épices, du miel, de vieilles chaussures dont il est parfois compliqué de trouver le deuxième pied.
Au cœur de ces petits villages du Moyen Atlas, l’hospitalité marocaine n’est pas une légende. Les habitants ouvrent les portes de leur maison pour offrir un thé à la menthe, du pain, des œufs, de l’huile d’olive… « Ils n’ont rien et ils vous offrent tout », confie ce randonneur enchanté.
À 20 km au sud, une marche encore plus pittoresque conduit aux sources de l’Oum-er-Rabia, le plus grand fleuve du Maroc. Quelques minutes suffisent pour accéder aux gorges, où des dizaines de sources jaillissent des roches pour former une série de cascades. Aux abords de Meknès, la vigne fait son apparition. Les principaux producteurs envisagent de créer une route des vins pour les amateurs d’œnotourisme. Le château Roslane des Celliers de Meknès vaut le détour.
Cécile Deplaude

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