La projection de ces productions a, d’après la MAP, offert l’occasion au public de découvrir la vie des peuples de l’Afrique, pris dans l’étau de la dette et de l’ajustement structurel, particulièrement à travers le célèbre film mauritanien « Bamako » du réalisateur Abderrahmane Sissako.
S’inspirant des politiques d’ajustement structurel imposées dans les années 1980 par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) aux pays africains, le film donne, près de deux heures, la parole aux représentants de la société civile africaine réunis pour juger ces deux institutions monétaires.
Entre les plaidoiries d’avocats professionnels, dont la Sénégalaise Aissata Tall Sall et le Français William Bourdon, et les témoignages de comédiens, le réalisateur mauritanien donne la parole aux « Sans voix ».
Des serveuses de bar, des cireurs de chaussures et des instituteurs africains prennent la parole pour dire leur amertume, laissant exploser leurs rancoeurs envers les politiques d’ajustement structurel.
A rappeler que Abderrahmane Sissako est né au Mali. Il passe par Nouhadhibou, la ville de transit qu’il reviendra filmer dans « En attendant le bonheur », avant de partir faire des études de cinéma en Russie. Installé en France, il réalise plusieurs films pour lesquels il revient sur sa vie et son passé, ainsi que sur son continent d’origine, l’Afrique. Après La Vie sur Terre en 1998, il réalise « En attendant le bonheu ».
Le second film projeté lors de cette soirée est « Squellette », du Marocain Yassine Fennane, qui raconte le retour dans son village après un séjour en ville de Houcine clamant son intention de céder son corps à la science.
Lauréat du prix l’« Olivier d’or », la plus haute distinction du festival du film Amazigh de Sétif en Algérie, ce long-métrage relate un retour au bercail d’un jeune qui va transformer la vie du village sur fond de conflits d’intérêt et de manipulations.
Au menu de cette manifestation cinématographique, organisée chaque année dans la petite ville d’Immouzer, figuraient un panorama du film Amazigh au Maroc et en Algérie, des projections de films de Mauritanie, du Canada et du Congo démocratique, ainsi qu’un colloque national sur « la critique cinématographique au Maroc ».
Revêtant une dimension culturelle et artistique visant à jeter la lumière sur les dernières productions nationales et étrangères, cette manifestation ouverte jeudi dernier, a été marquée par un hommage au critique cinéaste Moulay Idriss Jaidi, la signature d’un ouvrage intitulé « l’image du marginalisé dans le cinéma » et un atelier d’écriture cinématographique.
Cette édition a été organisée sous le signe « le cinéma des peuples autochtones » par le ciné club d’Imouzzer Kandar, avec le soutien de l’Institut royal de la culture Amazigh, le Centre cinématographique marocain et en collaboration avec la direction régionale du ministère de la Culture, le Club Reggab pour le cinéma et la culture à Fès, la préfecture et le conseil municipal de Sefrou.
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